Nous avons choisi le thème de réflexion qui se trouve dans le n° 149 page 15
Notre sujet de réflexion : "Mon corps, quel temple pour l'Esprit ? "
Quel est le regard que je porte sur mon corps ? Quelle relation ai-je avec lui ? Depuis ma naissance, comment cette relation a-t-elle évolué ?
Dans la vie quotidienne, quelle conscience ai-je de mon corps ? Comment est-ce que je le considère ? Qu'est-ce qui est important ? Ou qui l'est moins ?
Comment est-ce que je vis les limites de mon corps : maladie, douleur, vieillissement...?
Quel est le regard que l'Eglise porte sur le corps ?
Mon corps est-il un obstacle ou un moyen pour accéder à la vie spirituelle ? Comment ?
Corps, âme, esprit, comment est-ce que je m'unifie ? Quels sont les liens entre ces dimensions de mon être ? Comment mon corps participe-t-il à cette unification ?
Lecture du psaume 22 : "Le Seigneur est mon Berger, Rien ne saurait me manquer"
Différents vécus par rapport à notre corps :
> Enfant, ma mère m'interdisait de chanter, car je chante faux. Cela ne m'a pas empêchée de chanter à mes 6 enfants lorsqu'ils étaient petits. Et ils chantent juste !!! "Mets du sentiment dans ta musique !"
> Je n'ai pas été très douce avec mon corps (scoliose, corset de fer qui m'a suivie en pension, et là, il m'a a fallu accepter le regard des autres). Je l'ai toujours mal vécu. Cela reste un mauvais souvenir et ce n'est que plus tard que j'ai compris que c'était pour mon bien. Mon corps m'a fait souffrir jusqu'à des moments de déprime. Ma voix m'a beaucoup aidée à en sortir. Il faut accepter que le corps change. Il m'a fallu du temps pour comprendre que nous "habitons" notre corps : les cours de sophrologie m'ont aidée à m'accepter (faire le vide, vivre le moment présent avec son corps, prendre conscience de chaque partie de son corps, de sa respiration, de son souffle).
> Dans la manière de vivre la vie spirituelle dans l'Eglise, le corps est absent.
Ma mère m'a mis au monde dans des circonstances difficiles, c'est pourquoi, peut-être, j'ai connu des difficultés dans mon corps. Mon problème ressort dans des moments d'anxiété : je ne suis plus en phase, corps et esprit.
Dans ma jeunesse, j'ai fait du yoga, ce qui m'a aidé. Actuellement, l'acupuncture m'aide. Notre corps nous est donné. Comment je l'entretiens ? Ça fait partie de nos responsabilités : on est corps et âme.
C'est la première fois que l'on aborde ce sujet en équipe, et c'est important.
> Le corps, c'est la santé. Mais pendant un temps, le corps, c'était aussi la honte : dans ma jeunesse, je ne souffrais pas, je ne me plaignais jamais, j'étais très dure à la douleur, mon corps ne me transmettait pas la douleur. Et en même temps j'étais malingre. Maintenant, mon corps, je l'aime bien, je vieillis, mais je l'aime. Il me fait aussi plein de tours : dents, vue, signes de vieillesse, douleurs qui apparaissent... On est limité. Certaines limites font évoluer.
Je pense très souvent à la mort. Ce n'est pas une peur. Le corps, c'est une enveloppe et on a besoin de plein de choses.
> La question est importante. Il est important de prendre conscience de l'évolution : il est important de savoir comment on se situe. Pendant toute une période de la vie, on ne fait pas attention à son corps. Le corps parle en positif et en négatif, il parle avant la parole : il faut écouter son corps. Maintenant, mon corps ne me met plus en sécurité (arthrose...). Il faut toujours s'adapter, accepter la vie avec ses limites... Chaque jour, je me pose la question : "Que vais-je faire aujourd'hui avec ce que j'ai ? ". On apprend, de manière corporelle que nous ne sommes que ça : cendres, poussières (Mercredi des Cendres). Pour moi, la vie n'est pas de vivre le plus longtemps possible. Heureusement qu'on a une fin !
> Quel regard sur mon corps ? D'abord, j'aime mieux être une femme qu'un homme ! Mon regard est sans complaisance, mais sons mépris. Il y a des parties que j'aime bien, et d'autres que je n'aime pas. Mon corps s'est transformé et actuellement, je suis très gênée par le surpoids. Par contre, j'accepte la maladie (maladie qui ne se voit pas), je fais avec. J'essaie de prendre soin de mon corps mais sans exagération (quand je travaillais, je me maquillais tous les jours, très peu, certes, mais maintenant, le maquillage est très rare).
Je suis plutôt préoccupée par l'âge que je prends, et au fond de moi-même, je l'accepte mal : ne plus pouvoir faire ce que je faisais il y a encore quelques années.
Il y a aussi le regard des autres :
- celui du conjoint : j'ai vécu des différences de regard très grandes suivant les différentes étapes de ma vie très bousculée.
- Celui de maman qui me répétait si souvent ces dernières années : "Tu as de beaux yeux". Depuis quelques mois seulement, je sais que j'ai les yeux et les cheveux de mon géniteur, que j'appelle maintenant plus facilement "mon père", en ce sens que j'en sais un peu plus sur lui (nom, prénom, profession, âge approximatif), "il a pris corps".
- celui de l'entourage : enfant, ma soeur était très expansive, et attirait facilement la sympathie des gens. Moi, je "restais dans les jupes de maman" : cela, je le tiens d'elle et reste très marquée par le geste qui accompagnait ses paroles.
J'ai beaucoup de difficultés à m'exprimer par le corps : la formation à l'animation liturgique que je fais actuellement est comme une thérapie (chanter au micro, seule devant les autres, faire des gestes...).
La mort, j'y pense souvent, sans peur (mais le moment venu ? ...). J'ai choisi la crémation par respect pour mon corps : qui viendrait prendre soin de ma tombe ? La crémation évite de voir des tombes délaissées, sales...
Le regard de l'Eglise ? Mon corps n'est ni obstacle, ni moyen. Corps, âme, esprit, je suis unifiée. Ça ne fait qu'un tout pour m'aider à vivre ma foi. Mes faits et gestes, mes attitudes, mes paroles servent à exprimer ce que mon esprit pense. Je peux être motivée, ou blessée par ce que j'entends, ou ce qui m'est dit ou fait, ce que je ressens. C'est tout moi qui reçois cela.
> notre corps est marqué par l'histoire, par notre histoire.
> Cette question m'a beaucoup travaillée et il me faut parler de l'enfance. J'étais la quatrième, plus lente, moins brillante. Par contre, ma soeur était jalouse de mes cheveux. J'ai vécu difficilement mon départ en pension. J'ignorais tout au sujet des règles, je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Je me suis promis qu'avec mes filles, je leur expliquerais et ferais la fête avec elles lors de leurs premières règles, ce que j'ai fait.
J'aurais préféré être un garçon. Je croyais être quelqu'un et quand je me regardais dans la glace, je me trouvais tout autre.
Je suis tombée récemment : résultat oeil au beurre noir. Réflexion de notre fils (handicapé) : "Tu vois maman, ce que c'est de vivre quand on n'est pas comme tout le monde, comment on est regardé quand on est différent !"
C'est beau de voir un visage jeune, lisse... Et pourtant, contempler un visage buriné, ridé, peut apporter tellement de choses.
> Jusqu'ici, je pensais avoir un corps inaltérable. Maintenant, il me faut accepter mes limites (douleurs, déprime.... J'essaie de m'arranger le mieux possible (gym, marche...). Dans notre enfance, notre corps était méprisé.
> Je suis surprise devant les soins donnés au corps après la mort (coût tellement élevé parfois !).
> dans le petit groupe de copains dont nous faisons partie, Chantal s'est suicidée par noyade fin avril dernier. Je ne la reconnaissais pas. Le matin des funérailles, une amie de ce même groupe, dont le mari s'était suicidé il y a deux ans, a pris le temps de la maquiller (sobrement) sur son lit de mort, pour qu'elle reste belle au regard de sa famille et des amis, jusqu'au bout. Je reste en admiration devant cette amitié sans faille, cette sensibilité à la détresse des autres et ce courage pour accomplir ce geste.
> La mort est passée, il est normal qu'on soit différent. Je reste toujours intriguée par le fait qu'on veuille toujours que le défunt laisse le visage d'une personne jeune, belle.
> L'Eglise n'a plus vu le corps que comme chair (côté pécheur). Elle fait la distinction entre la chair (dimension négative, pécheresse, qui nous entraîne vers le bas) et le corps créé à l'image de Dieu (sens de l'onction d'huile sur tout le corps).
Notre corps, c'est notre histoire, c'est beau, c'est tout notre être.
La difficulté se situe dans le regard de l'autre qui peut aider, ou au contraire le maltraiter. Comment est utilisé le corps de l'autre ? Prendre possession du corps de l'autre ?
> Les mouvements du corps (ex. la marche) me portent à prier, comme l'abstinence pendant le Carême.Je fais un choix par rapport à mon corps, à la nourriture... pour le maîtriser
> Le soir du mercredi des Cendres, j'avais une réunion, je ne voulais pas dîner et, finalement, j'ai dîné avec tout le monde : le Carême, c'est aussi "être avec les gens". Mon corps est un moyen indétournable pour accéder à la vie spirituelle : je peux écouter la musique, regarder... Une sensation de bien-être, de beauté, c'est l'occasion de rendre grâces à Dieu. Notre corps est le lieu de l'apprentissage de la vie spirituelle.
> quand notre corps ne va pas bien, il peut aussi nous aider à aller vers Dieu. En aumônerie hospitalière,
> Le fait d'écouter des gens souffrants m'unifie, alors que les corps ne sont pas forcément beaux.
> avec la vieillesse, je manque de tomber : "Merci mon Dieu". Lire dans PANORAMA l'article : "Ecouter Dieu de tout son corps".
> il fut un temps où je n'aimais pas les "peaux noires". Maintenant, ce n'est plus ainsi (déjà de par la famille).
> On a besoin de changer, de bouger... Les artistes nous aident aussi à regarder autrement les autres races. La danse est une expression pour partager la vie spirituelle.
Mon corps est-il un obstacle ou un moyen pour accéder à la vie spirituelle ? Comment ?
Proposition d'un texte de St Paul : 1Co 6/12-20 : C'est un texte dense. L'être humain est corps, âme et esprit : c'est une personne unifiée. C'est le corps dans sa globalité qui sera mis dans la Résurrection. Le corps est la personne digne de gloire. La chair est la partie tentée.
Tout m'est permis ; mais tout n'est pas profitable. "Tout m'est permis" ; mais j'entends, moi, ne me laisser dominer par rien. Les aliments sont pour le ventre et le ventre pour les aliments. Mais le corps n'est pas pour la fornication. Il est pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps.Et Dieu, qui a ressuscité le Seigneur, nous ressuscitera, nous aussi, par sa puissance.
Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres du Christ ? Et j'irais prendre les membres du Christ pour en faire des membres de prostituée ? Certes non ! Ou bien ne savez-vous pas que celui qui s'unit à la prostituée n'est avec elle qu'un seul corps ? Car il est dit : "les deux ne seront qu'une seule chair". Celui qui s'unit au Seigneur, au contraire, n'est avec lui qu'un seul esprit.
Fuyez la fornication ! Tout péché que l'homme peut commettre est extérieur à son corps ; celui qui fornique, lui, pèche contre son propre corps.
Ou bien ne savez-vous pas que votre corps est un temple du Saint Esprit, qui est en vous et que vous tenez de Dieu ? Et que vous ne vous appartenez pas ? Vous avez été bel et bien achetés ! Glorifiez donc Dieu dans votre corps.
1Co 6/12-20
Equipe Angers Sud le 27-02-2009
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